vendredi, août 29, 2008

le bonheur du jour

Le bonheur tient parfois en quelques lignes. Huit plus précisement, en ce qui me concerne, ce jour ! Mais pas n'importe quelle lignes, huit lignes, un mail , de Alexandre Jollien .
Coincé en appartement depuis huit jours par la faute d'une terrible et douloureuse sciatique, je peste contre la douleur,la privation de mes vacances et m' inquiète du futur... alors arrive sur mon écran d'ordinateur un mail inattendu. Une réponse non espérée à un courrier que j'avais envoyé au philosophe Alexandre Jollien, il y a quelques mois. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Alexandre Jollien, écrivain et philosophe, auteur d'au moins trois livres est né avec un handicap suite à une strangulation par le cordon ombilical. Cette difficulté se porte sur la faculté de parler, se déplacer, écrire , affronter le quotidien...ect Mais la pensée de Alexandre Jollien est , elle , libre d'entraves , vive , aigüe, précise, chaleureuse et terriblement vivante.
Il faut découvrir ces chroniques sur le site : www.alexandre-jollien.ch et découvrir ce combattant de la pensée, ce combattant de la vie.
Voici quelques lignes tirées de ces chroniques:

"Pour ma part, je n’ai jamais espéré trouver le bonheur dans les mains d’un chirurgien. Je l’ai longtemps cherché dans les écrits d’Epicure, Spinoza ou Montaigne… Mais peut-être s’agit-il d’une seule et même illusion. Assurément, nous nous trompons lorsque nous déléguons à un autre le soin de nous rendre aimable ou heureux. La satisfaction de soi dont parle Spinoza se récolte au quotidien, rien ne sert donc d’améliorer les apparences, de masquer les blessures. Il convient plutôt de composer avec elles pour célébrer la vie telle qu’elle se donne. Spinoza, dans la préface de la quatrième partie de l’Ethique, affirme à cet égard que, par réalité et perfection, il entend la même chose. J’y trouve un lumineux appel à la conversion. Je suis parfait, non pas parce que rien ne me manque, mais parce que, à l’instant, je ne peux être autre chose que ce que je suis. Il s’agit d’apprécier cet être parfait bien que fragile, car il recèle en son sein mille possibilités, mille facultés. Mais si une vue bornée se focalise sur les perspectives à venir, un regard bienveillant revient vers soi pour savourer tout ce qui a déjà été réalisé, obtenu."

J'avais réagi à la lecture et comme souvent il m'arrive de le faire , j'avais réagi en écrivant. Je n'attendais pas de réponse sachant que pour Alexandre Jollien taper sur un clavier est un effort très particulier. Pourtant ce matin, sont arrivées ces huit lignes généreuses qui m'ont chauffé le coeur. A la fin de son mail, à l'instar de Sénèque qui avait coutume d'offrir une citation à ses correspondants, A.J m'en offre une que je vais partager avec vous :

"Devant tout ce qui arrive, pense à entrer en toi-même et cherche quelle faculté tu possèdes pour y faire face" Extrait du Manuel d'Epictète.

Et la journée s'illumine, la douleur s'amoindrit , de l 'humanité a circulé le long du net.
J'ai un livre qui m'attend, un autre cadeau d'une autre personne...Ce sera un beau jour.

2 Commentaires:

Blogger helene said...

cher Patrice, comme il est doux de constater que notre esprit se réchauffe de quelques paroles tellement douces et lucides. merci de les partager avec nous. elles ont trouvé un écho tout particulier pour moi aujourd'hui.
je suis peinée de savoir que tu as passé ces derniers jours coincé par un corps trop douloureux, aussi je te souhaite un très rapide rétablissement. à bientôt.

13:49  
Anonymous Dominique said...

Merci Patrice pour cette belle pensée qui, en ce qui me concerne, tombe à pic. Il est facile d'être epicurien (au 1er sens), ou spinoziste, ou e suivre Sénèque ou Epictète quand tout va bien... on a tendance à les oublier quand on aurait besoin d'eux. Je te souhaite de vite retrouver l'absence de douleur et de déplaisir, autant dire le bonheur.
Je t'embrasse

à très vite

Dominique

13:52  

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